La mort la perte et le deuil : perspectives anthropologiques

Séminaire de recherche en anthropologie.La prochaine séance Fabio VITI et Marc-Antoine BERTHOD.

Programme

Funérailles royales et traitement du corps (Baoulé, Côte d'Ivoire)

Chez les Baoulé du centre de la Côte d’Ivoire, appartenant à l’univers culturel Akan, les funérailles constituent de loin le rituel collectif le plus important. Là où les chefferies localisées et autonomes (nvle), qui composaient un échiquier complexe avant la conquête coloniale, sont encore vivaces – comme chez les Nanafoué Kpri – les funérailles des chefs suprêmes (famiɛn) prennent une ampleur et une signification particulières. Malgré l’importante « laïcisation » de la chefferie, le corps du famiɛn fait l’objet d’attentions et de précautions matérielles et rituelles pendant son existence et surtout après sa mort. La mort du famiɛn est d’abord tue et son corps conservé pendant des mois, jusqu’à la célébration de ses funérailles, qui voient nécessairement la présence de ses restes, destinés à l’enterrement définitif, précédé et suivi de l’interrogation du cadavre. Dans l’interrogation du cadavre, l’esprit (kla) du défunt – matérialisé dans une « représentation » – communique et dialogue avec les vivants ; il s’agit d’un dispositif divinatoire destiné à établir les causes et les responsabilité de sa mort, désigner son successeur, déterminer l’héritage de ses biens.

Figures du care dans le deuil : l'exemple du grand âge

L’appréhension du deuil repose encore bien souvent sur une conception égocentrée et linéaire des expériences vécues résultant de la perte d’un proche. Les nombreuses théorisations psychologiques, médicales ou cliniques du deuil tendent à conforter cette appréhension. Or ces expériences vécues demeurent toujours inscrites dans des interactions et sphères sociales multiples : monde du travail, contexte scolaire, associations sportives, etc. Cela fait du deuil une question clairement sociologique et anthropologique, qui mérite une attention soutenue. Cette présentation propose de rappeler l’importance de (ré)inscrire cette question du deuil dans une perspective sociologique et anthropologique ; elle prend ensuite appui sur une recherche en cours, qui analyse le vécu du deuil et les reconfigurations du care dans le grand âge. L’objectif est de mettre en discussion l’impact que certaines conceptions disciplinaires du deuil peuvent avoir sur son interprétation.

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Séminaire
jeudi 19 octobre 2023 de 16h à 20h

Salle Mendel A
Faculté Sociétés et humanités
45 rue des Saint Pères
75 006 Paris
et en ligne

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