Variations sur le vieillissement et les fins de vie

Quatrième séance du séminaire en ligne "Vieillissements et fins de vie aujourd'hui" organisé conjointement par la Plateforme nationale pour la recherche sur la fin de vie et l'Institut des longévités, des vieillesses et du vieillissement (ILVV).

Séance 4

Le vieillissement est-il une maladie ?


Sylvie BONIN-GUILLAUME  est gériatre à l’Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM), professeure à la faculté de médecine d'Aix-Marseille Université et chercheure à l’Institut de neurosciences des systèmes (UMR-CNRS 7289 ). Ses recherches portent sur le vieillissement normal et pathologique, la dépression, la consommation médicamenteuse, la douleur et la conduite automobile des personnes âgées. Elle est également membre de plusieurs sociétés savantes et experte auprès de plusieurs institutions.

Le visible et l’invisible en fin de vie


Sarah CARVALLO, est professeure en philosophie des sciences, spécialisée sur l'épistémologie et l'histoire de la médecine. Responsable de l'axe 3 du laboratoire Logiques de l'Agir consacré aux Humanités médicales, environnementales et numériques, elle mène des recherches sur les enjeux philosophiques de la médecine. Celles-ci se développent dans une double perspective d’histoire longue correspondant aux transformations des catégories du soin et de la santé dans la modernité (dix-septième – vingt et unième siècles), et d’une philosophie des pratiques attentive non seulement aux théories, mais aussi aux dispositifs (gestes cliniques ou thérapeutiques, formations, institutions). Elle coordonne plusieurs projets de recherche sur le vieillissement et la fin de vie avec des médecins et des anthropologues.

Dans son ouvrage posthume Le visible et l’invisible, Maurice Merleau-Ponty montre comment le visible ne recueille que les lambeaux de soi dans l’espace-temps du présent, tandis que la chair et l’épaisseur d’une vie vécue demeurent invisibles. L’évidence du monde et de la matière cachent cette invisibilité. Nous croyons voir, mais nous ne voyons pas. L’ambiguïté du visible et de l’invisible caractérise très précisément la situation des personnes de grand âge et en fin de vie. Certes, nous savons et voyons beaucoup de choses, mais, sans doute, nous ignorons et ne voyons pas encore plus de choses, comme le soulignent notamment les recherches récentes sur les états de conscience minimale. Il faut donc apprendre à voir ces personnes et à reconnaître les limites de nos savoirs. Cet apprentissage requiert un double retour sur nous-mêmes. Un premier retour phénoménologique consiste à se percevoir soi-même percevant pour comprendre en quoi l’autre est aussi toujours un sujet percevant – même si nous en ignorons les modalités à des stades de grand âge ou de conscience minimale – et parvenir à habiter le même monde. Un deuxième retour cognitif consiste à reconnaître sa juste place à l’incertain et développer des formes de savoir capables de faire place à l’invisible. En nous indiquant ces points aveugles, les personnes âgées et/ou en fin de vie éclairent l’interaction entre voir et savoir.

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Webinaire Événement de la plateforme
jeudi 21 janvier 2021 de 12h30 à 14h

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