Regards croisés sur les représentations sociales et les logiques de choix des patients, médecins et aidants vis-à-vis de la prise en charge des patients en situation de cancer du côlon et du poumon métastatique nonrésécable

En France, la question de la poursuite, de la limitation ou de l’arrêt des traitements palliatifs en cas de cancer métastatique non résécable fait l’objet de débats nourris. Plusieurs études internationales ont estimé qu’entre 10 à 20% des patients atteints de cancer avaient reçu une chimiothérapie dans le dernier mois de leur vie (Benson, 2001 ; Nieder et al., 2014 ; Earle, Landrum, Souza, Neville, Weeks & Avanian, 2008 ; Ho, Barbera, Saskin, Lu, Neville & Earle, 2011). L’une des raisons qui explique la prescription de traitements à un stade très avancé de la maladie est la surestimation souvent faite par les médecins de l’espérance de vie de leurs patients (Nieder et al., 2014 ; Christakis & Lamont, 2000). Pourtant, ces traitements ne sont pas sans effets secondaires et peuvent accélérer la dégradation de la qualité de vie des patients (Rajagopal, Nipp & Selvaggi, 2014).

La question soulevée est celle des processus psychologiques (attitudes et représentations sociales) qui sous-tendent les intentions comportementales et les comportements effectifs des individus, qui guident les prises de décision. Il s’agit dans cette optique de mettre l’accent sur les cognitions mobilisées par les individus (médecins, patients, aidants) pour prendre une décision et par la suite de consolider le choix effectué.

Ces cognitions sont organisées au sein d’une représentation que l’on dit sociale (Deschamps & Moliner 2012) parce qu’elle est partagée collectivement au sein d’un groupe (ex. les patients, les médecins, l’entourage), qu’elle est porteuse d’enjeux (ex. la maladie, les traitements thérapeutiques), qu’elle est située dans une réalité sociale (Moliner & Guimelli, 2015), et qu’elle est influencée par les autres groupes (Doise, Spini & Clémence, 1999 ; Cannone, Dany, Dudoit et al. 2004).

L’étude des représentations sociales s’intéresse aux cognitions, c’est-à-dire aux contenus de pensée, et plus exactement aux savoirs de sens commun qui coexistent avec une pensée scientifique (Moscovici, 1961 ; Jodelet, 1989) y compris chez des professionnels de santé (Salès-Wuillemin Morlot, Fontaine et al. 2011).

L’objectif du projet EOLE est d’identifier et comparer, à partir de deux approches complémentaires (économique et psycho-sociale), les facteurs personnels et les caractéristiques des traitements qui influencent les décisions des patients, des aidants et des médecins prescripteurs vers un type de prise en charge médicale plutôt qu’un autre en cas de cancer métastatique non résécable du poumon ou du colon.

Thèmes
Disciplines
Mots-clés
  • Choix thérapeutiques
  • Aidants
  • Patients
  • Oncologues
Publications issues de ce projet

Salès-Wuillemin, E., Lejeune, C., Clain, A., Carrel, T. (2025). La représentation sociale de la douleur et de la souffrance, regards croisés médecins/patients. In A. Masselin (Ed). Psychothérapies des Patients Douloureux Chroniques, Approche pluriprofessionnelle et dispositifs thérapeutiques Paris : Doin.

Salès-Wuillemin, E., Lejeune, C., Clain, A., Carrel, Th. (2021) Douleur et Souffrance : représentations croisées des Oncologues et des Patients, une étude qualitative, Psycho-Oncologie, 26, 4, 357-362 https://doi.org/10.3166/pson-2021-0138

Acronyme
EOLE
Date de début
2019
Statut
en cours de réalisation
Responsable(s) du projet
Catherine Lejeune et Edith Salès-Wuillemin
Financeurs
  • Cancéropole Est
  • Fondation de France
  • Région Bourgogne Franche-Comté
Établissement porteur du projet
  • CHU de Dijon
Équipe projet
Structures partenaires
Equipe EPICAD « Epidémiologie et recherche clinique en oncologie digestive » et CIC – Inserm CIC 1432 (module épidémiologie clinique)
Université Bourgogne Europe Laboratoire Psy-DREPI