Carla GAILLARD
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Institut de l'Ouest : Droit et EuropeIODE / UMR 6262Université de Rennes9 rue Jean Macé35700 RENNES
- Désir de mort / Euthanasie / Suicide assisté
- Questions d'éthique
- Souffrance psychique et existentielle
- Organisation des soins
- Sédation
- Accompagnement des patients
- Anticipation / Directives anticipées
- Autonomie des personnes en fin de vie
- Fin de vie en établissement hospitalier / établissement médico-social
- Fin de vie à domicile
- Histoire des soins palliatifs
Thèse en cours : L’euthanasie et la fin de vie en France : Le consentement dans une liberté conditionnée par la souffrance et la vulnérabilité.
Le débat sur l’euthanasie et la fin de vie en France s’articule autour d’une tension fondamentale entre l’autonomie du patient et la nécessité de le protéger. Alors que certains pays européens (Belgique, Pays-Bas, Suisse) ont légalisé l’euthanasie et/ou le suicide assisté, la France reste sur une position plus restrictive, en encadrant la fin de vie par la loi Leonetti-Claeys (2016), qui autorise la sédation profonde et continue sans aller jusqu’à l’euthanasie active.
Historiquement, la question du droit à mourir dans la dignité a fait l’objet de nombreux débats en France, notamment avec l’affaire Vincent Lambert, qui a ravivé les discussions sur la fin de vie et le consentement des patients en situation de grande vulnérabilité. Si certains considèrent que l’absence de légalisation de l’euthanasie constitue une entrave à la liberté individuelle, d'autres estiment que le cadre actuel permet d’éviter les abus et de protéger les personnes en situation de fragilité.
Les avancées technologiques et médicales permettent aujourd'hui de prolonger la vie dans des conditions qui soulèvent des questions éthiques et juridiques. La reconnaissance des directives anticipées et des procédures collégiales de prise de décision sont des tentatives d'encadrement du consentement, mais leur application demeure inégale et parfois insuffisante.
Au cœur de cette question, le consentement joue un rôle déterminant : toute décision concernant la fin de vie doit, en principe, être prise par le patient lui-même, de manière libre et éclairée. Cependant, la souffrance physique et psychologique, l’influence des proches ou des soignants, ainsi que d’éventuelles altérations cognitives posent la question de l’authenticité du consentement.
Peut-on véritablement parler d’un choix libre dans un contexte où la douleur et la détresse psychologique altèrent potentiellement la capacité de discernement ? Comment le droit peut-il encadrer et garantir cette liberté de choix sans tomber dans le risque d’un consentement biaisé ou contraint ?
Ce projet de thèse vise à analyser ces enjeux en confrontant le cadre juridique français aux défis éthiques et médicaux liés à l’évaluation du consentement en fin de vie. Il s’agira d’examiner les limites du consentement libre et éclairé dans un contexte de vulnérabilité extrême, ainsi que les conditions qui permettraient de garantir son authenticité.