Panorama de la recherche

L'état des lieux de la recherche française sur la fin de vie et les soins palliatifs réalisé chaque année par la Plateforme propose en 2026 une analyse plus détaillée.

répartition des chercheurs selon les régions

Ce panorama est établi à partir des quatre bases de données de l’observatoire de la recherche : l’annuaire national des chercheurs, le répertoire des projets de recherche, le répertoire des projets européens et le répertoire des thèses. 

La communauté des chercheurs recensés se stabilise autour de 460 personnes (soit une progression de 48,7 % en six ans) et reste majoritairement féminine (64%). Chez les doctorants, la féminisation est nettement plus marquée (78,3 % de femmes), ce qui laisse anticiper un maintien, voire un renforcement, de ce déséquilibre dans les années à venir.

Dans l'annuaire, 66,8 % des chercheurs sont affiliés à une unité de recherche, et 139 mènent leurs travaux depuis un service hospitalier ou médical.

La concentration francilienne reste forte : l’Île-de-France rassemble près de 3 chercheurs sur 10, et les cinq premières régions en regroupent près des deux tiers (65,4 %).

La forte dispersion — 176 unités pour 310 chercheurs, soit moins de 2 chercheurs par unité en moyenne — constitue une caractéristique structurante du champ : la recherche sur la fin de vie se fait très largement à l’intérieur d’unités dont ce n’est pas l’objet principal, par des personnes souvent isolées dans leur laboratoire. C’est précisément ce qui fonde l’utilité d’un réseau national.

L'analyse des données montre une prédominance des méthodologies qualitatives, auxquelles la population scientifique recourt à près de 60%. La recherche mixte s'impose en deuxième position, devant les approches quantitatives. 

Le cancer conserve une position dominante parmi les pathologies étudiées (25 % des chercheurs), très loin devant les défaillances d’organe et les pathologies respiratoires ou cardiovasculaires, alors même que celles-ci représentent une part majeure des situations de fin de vie. Les professionnels de santé constituent la population la plus étudiée du champ, devant les personnes âgées et les proches ce qui montre que la recherche française s’intéresse au moins autant aux personnes en fin de vie qu'à celles qui les accompagnent.

Les thèses s'effectuent majoritairement en sciences humaines et sociales (84% des thèses en cours), ce qui contraste avec l'équilibre observé dans l'annuaire (52 % des chercheurs en SHS et 48 % en sciences médicales). La psychologie domine largement, suivie du droit et de l'éthique. L'augmentation de la discipline juridique suggère que l'actualité du débat législatif relatif à la fin de vie a peut-être impulsé un net accroissement des recherches doctorales dans ce domaine.

Le répertoire des projets, alimenté par les chercheurs, en compte désormais 104. Les sources de financement sont très diversifiées. Cette dispersion signale un champ de recherche qui n’est adossé à aucun grand programme structurant, mais qui agrège une multitude de financements de taille modeste — agences nationales, fondations privées, collectivités et établissements de santé. C’est un argument objectif en faveur du Programme de recherche interdisciplinaire sur la fin de vie.

Concernant les 32 projets européens recensés, on constate que si la France est bien présente dans la recherche européenne sur la fin de vie, elle l'est presque exclusivement comme partenaire et non comme coordinatrice. Les pays qui coordonnent — Pays-Bas, Espagne, Belgique — sont précisément ceux qui disposent de centres de recherche dédiés et pérennes.

Pour prendre connaissance des nombreuses informations contenues dans ce panorama1, consultez la page dédiée sur notre site internet.

  1. Il a été réalisé par Sophie Aupet, chargée de mission observatoire, réseaux et soutien à la recherche