Panorama de la recherche 2026

Contenu

Chaque année, la Plateforme élabore un Panorama de la recherche française à partir de quatre bases de données : l’annuaire national des chercheurs, le répertoire des projets de recherche, le répertoire des projets européens et le répertoire des thèses.

Le réseau des chercheur.e.s

Répartition

La concentration francilienne reste forte : l'ïle-de-France rassemble près de 3 chercheurs sur 10, et les 5 premières régions en regroupent près des deux tiers (65.4%). 
Les territoires ultramarins ne totalisent que 4 personnes, alors même que "territoires ultramarins" vient d'être introduit comme thématique de recherche. Le sujet existe donc davantage comme objet d'étude que comme lieu de production scientifique.

Dans notre annuaire, 456 personnes déclarent travailler sur des thématiques en lien avec la fin de vie. Il y a cinq ans, elles étaient 312, soit une augmentation de 46%.

Les femmes sont plus représentées que les hommes (64 % versus 36 %).

66,8 % de ces chercheur.e.s sont affilié.e.s à une unité de recherche.
139 membres de l'annuaire mènent des travaux de recherche en exerçant dans des services hospitaliers ou médicaux (au nombre de 107).

Nombre d'unités de rechercheNombre de chercheur.e.s
176 unités de recherche (EA, UR, UMR, UPR, UAR...)310
10 structures de recherche clinique (CIC, URC, UIC)12

La forte dispersion (176 unités pour 310 chercheurs, soit moins de 2 chercheurs par unité en moyenne) montre que la recherche sur la fin de vie se fait très largement à l'intérieur d'unités dont ce n'est pas l'objet principal, par des personnes souvent isolées dans leur laboratoire. C'est précisément ce qui fonde l'utilité du réseau national constitué par la Plateforme nationale pour la recherche sur la fin de vie.

Champs disciplinaires

Notre classification, bâtie sur la base des déclarations des chercheur.e.s, compte désormais 59 spécialités1.

Parmi celles-ci 48% appartiennent aux sciences médicales, paramédicales et sciences de la vie et 52% aux sciences humaines et sociales. Cet équilibre se maintient très exactement d'une année sur l'autre.

Ne figurent pas dans ce graphique les disciplines n'ayant qu'une occurrence, à savoir : biostatistique, cardiologie, diététique et nutrition, ethnologie, génétique, maïeutique, mathématiques, médecine légale, néphrologie, pharmacie clinique, psychomotricité, sémiotique de l'image.

  1. Une même personne peut déclarer plusieurs disciplines : 597 rattachements disciplinaires ont été enregistrés, soit une moyenne de 1,3 discipline par chercheur.

Méthodologie

Une même personne peut avoir déclaré utiliser plusieurs méthodes dans ses travaux de recherche. Le graphique ci-dessous indique le nombre de chercheur.e.s utilisant chacune des méthodes :

La possibilité de cumul déclaratif (totalisant 778 mentions) établit une moyenne de 1,7 par chercheur. Ce constat illustre la pratique de la pluriméthodologie chez les chercheurs, fournissant une métrique pertinente pour des analyses longitudinales ultérieures.

L'analyse des données montre une prédominance des méthodologies qualitatives, auxquelles la population scientifique recourt à près de 60%. La recherche mixte s'impose en deuxième position, devant les approches quantitatives.

 

 

Pathologies

Le cancer conserve une position dominante parmi les pathologies étudiées (25% des chercheurs), très loin devant les défaillances d'organe et les pathologies respiratoires et cardiovasculaires, alors même que celles-ci représentent une part majeure des situations de fin de vie. 

Type de pathologiesNombre de chercheursPourcentage
Pathologies cancéreuses11625%
Pathologies neurologiques et neurodégénératives5812,5%
Pathologies psychiatriques204.3%
Pathologies chroniques complexes132,8%
Pathologies respiratoires91,9%
Pathologies cardiovasculaires71,5%
Pathologies rénales et urinaires71,5%
Pathologies génétiques61,3%
Pathologies gynécologiques et obstétricales40,9%
Pathologies sévères aiguës0 

Crédit photo : David Cesbron

 

Populations

Les professionnels de santé constituent la population la plus étudiée du champ, devant les personnes âgées et les proches : la recherche française sur la fin de vie s'intéresse au moins autant aux personnes en fin de vie qu'à ceux et celles qui les accompagnent

Type de populationNombre de chercheursPourcentage
Professionnels de santé11825,4%
Personnes âgées9620,7%
Proches et aidants8117,5%
Personnes en situation de vulnérabilité6914,9%
Enfants378%
Personnes en situation de handicap306,5%
Adolescents et jeunes adultes275,8%
Professionnels du funéraire224,7%
Parents194,1%
Nouveaux-nés (0-28 jours)183,9%
Bénévoles112,4%
Patients partenaires102,2%
Populations du passé91,9%
Orphelins81,7%
Migrants61,3 %
Enfants morts-nés20,4%
Modèles animaux10,2%
Personnes privées de liberté10,2%
Femmes enceintes / Foetus / Personnes non francophones0 

Thématiques de recherche

On recense 59 thématiques (avant regroupement). Une même personne peut en déclarer plusieurs : 2168 mentions ont été enregistrées, soit une moyenne de 4,7 thématiques par chercheur.

Thématique (après regroupements)Nombre de chercheursPourcentage
Lieux de fin de vie : domicile (66), en établissement (78)14431%
Soins palliatifs13428,9%
Accompagnement des patients12226,3%
Questions d'éthique11324,4%
Accompagnement des proches et aidants10121,8%
Vécus et perceptions9420,3%
Anticipation / Directives anticipées9119,6%
Représentations sociales et culturelles8117,5%
Processus décisionnels8017,2%
Deuil79 17%
Désir de mort / Euthanasie / Suicide assisté7816,8%
Sédation6914,9%
Évaluation des pratiques professionnelles / Dispositifs / Outils et échelles6714,4%
Souffrance psychique et existentielle6514%
Histoire de la mort (38), Histoire des soins palliatifs (23)6113,1%
Qualité de vie6012,9%
Droit et législation 5812,5%
Soins palliatifs précoces5612,1%
Formation des professionnels / Pédagogie5111%
Parcours de soin5111%
Prise en charge de la douleur 4910,6%
Autonomie des personnes en fin de vie 439,3%
Communication429,1%
Organisation des soins398,4%
Médicaments / Thérapeutiques / Dispositifs médicaux388,2%
Évaluation et prise en charge des symptômes367,8%
Collaborations interprofessionnelles357,5%
Limitation et arrêt des traitements347,3%
Philosophie de la mort326,9%
Spiritualité et religion 396,2%

 

 

 

Thématique (après regroupements)Nombre de chercheursPourcentage
Spiritualité et religion 396,2%
Pratiques et espaces funéraires / Soins post-mortem275,8%
Politiques de santé265,6%
Don et prélèvement d'organes204,3%
Analyse du débat public163,4%
Agonie153,2%
Pratiques de soin non conventionnées153,2%
Alimentation / Nutrition artificielle143%
Soins de support143%
Soins primaires143%
Pandémie - Covid 19132,8%
Accompagnement des soignants1102,2%
Éducation thérapeutique102,2%
Questions économiques81,7%
Troubles dépressifs71,5%
Biologie du vieillissement61,3%
Vieillissement51,1%
Démocratie et santé40,9%
Mécanismes neurobiologiques de la mort40,9%
Numérique (IA, télémédecine...)140,9%
Marqueurs prédictifs de la mort / Facteurs pronostiques30,6%
Thérapies assistées par psychédéliques130,6%
Égalité en santé120,4%
Suicides en fin de vie120,4%
Territoires ultramarins120,4%
Analyse de causes de décès10,2%
Médiation animale10,2%
Santé sexuelle10,2%
  1. Thématique introduite en 2025/2026 : les effectifs faibles reflètent la nouveauté de la catégorie et non l'absence d'activité de recherche

Le répertoire des projets de recherche

Volume, dynamique et avancement

On répertorie désormais 102 projets de recherche (contre 67 en 2023). Pour rappel ce répertoire est alimenté à l'initiative des chercheurs. Trois projets sur quatre sont en cours. 

Champs disciplinaires

Discipline (après regroupements) ProjetsPourcentage
Soins palliatifs4241,2%
Psychologie (29, Psychanalyse (1)3029,4%
Sociologie (18), Anthropologie (12)3029,4%
Oncologie (16), Hématologie (1)1716,7%
Philosophie (3), Éthique (11)1413,7%
Santé publique1413,7%
Droit1211,8%
Linguistique (3), Sciences de l'information et de la communication (3), Sciences du langage (2)87,8%
Sciences infirmières76,9 %
Sciences de l'éducation65,9%
Architecture - urbanisme (4), Arts (1)54,9%
Démographie (3), Géographie (2)54,9%
Épidémiologie43,9%
Médecine générale43,9%
Algologie32,9%
Économie32,9%
Gériatrie (2), Gérontologie (1)32,9%
Réanimation32,9%
Médecine d'urgence22%
Neurologie22%

Autres (1 projet chacune) : biologie, ethnologie, histoire, kinésithérapie, néphrologie, neurosciences, pédiatrie, pharmacologie, sciences politiques, soins palliatifs pédiatriques, autres spécialités médicales.

Financeurs

Sur 104 projets, 62 mentionnent au moins un financeur. Les sources sont très diversifiées. 

Cette dispersion signale un champ qui n'est adossé à aucun grand programme structurant, mais qui aggrège une multitude de financements de taille modeste : agences nationales, fondations privées, collectivités et établissements de santé. C'est un argument en faveur du programme de recherche interdisciplinaire sur la fin de vie.

Thématiques

Thématique (après regroupements)ProjetsPourcentage
Lieux de fin de vie : à domicile (21), en établissement (26)4746,1%
Accompagnement des patients3332,4%
Accompagnement des proches aidants2928,4%
Vécus et perceptions de la fin de vie2625,5%
Évaluation des pratiques professionnelles / Dispositifs / Outils et échelles2322,5%
Deuil1918,6%
Anticipation / Directives anticipées1817,6%
Parcours de soin1615,7%
Processus décisionnels1615,7%
Qualité de vie1514,7%
Représentations sociales et culturelles1514,7%
Droit et législation1413,7%
Formation des professionnels / Pédagogie1413,7%
Désir de mort / Euthanasie / Suicide assisté1312,7%
Questions d'éthique1211,8%
Organisation des soins1110,8%
Sédation1110,8%
Autonomie des personnes en fin de vie109,8%
Évaluation et prise en charge des symptômes98,8%
Histoire de la mort (7), Histoire des soins palliatifs (2)98,8%
Collaborations interprofessionnelles87,8%
Communication87,8%
Médicaments / Thérapeutiques / Dispositifs médicaux87,8%
Souffrance psychique et existentielle87,8%
Politiques de santé76,9%
Pratiques et espaces funéraires / Soins post-ortem76,9%
Soins palliatifs précoces76,9%
Limitations et arrêt des traitements54,9%
Philosophie de la mort54,9%
Prise en charge de la douleur54,9%
Accompagnement des soignants32,9%
Agonie32,9%
Éducation thérapeutique32,9%
Pandémie - Covid 1932,9%
Spiritualité et religion32,9%
Marqueurs prédictifs de la mort / Facteurs pronostiques22%
Questions économiques22%
Soins de support22%
Alimentation / Nutrition artificielle11%
Don et prélèvement d'organes11%

Établissements porteurs

La recherche sur la fin de vie est portée à parts sensiblement égales par les universités et par les établissements de santé, ce qui la distingue de nombreux autres champs.

Établissement porteurProjets
Centre hospitalier universitaire de Besançon7
Université de Lille5
Centre Léon Bérard4
Université Clermont Auvergne4
Université de Strasbourg3
Centre hospitalier universitaire de Lille3
Centre hospitalier de Valenciennes3

Portent 2 projets chacun : Assistance publique - Hôpitaux de Paris, Sorbonne Université, Sorbonne Nouvelle, Centre hospitalier régional universitaire de Tours, Institut national d'études démographiques - Ined, Hôpitaux universitaires de Strasbourg, Fondation Santé Service et Université Paris Nanterre

Les thèses

Nous recensons depuis 2019 les thèses portant sur des sujets en lien avec la fin de vie et les soins palliatifs (source theses.fr). Les thèses d'exercice en médecine et pharmacie ne sont pas prises en compte. 

On recense 14 nouvelles inscriptions en 2025 et cette année 17 thèses ont été soutenues, c'est le chiffre le plus élevé depuis la réaction du répertoire. 

Depuis 2019, 106 thèses sont en cours et 91 ont été soutenues depuis 2019, soit 197 travaux doctoraux recensés au total. Sur cet ensemble, 75,6% sont réalisées par des femmes. La féminisation s'accentue chez les doctorants actuellement inscrits (78,3%) par rapport aux thèses déjà soutenues (72,5%). 

La domination des laboratoires en sciences humaines et sociales (SHS) s'accentue (84% des thèses en cours contre 81% l'an dernier). Rapportée à l'équilibre observé dans l'annuaire, cette proportion révèle un déséquilibre marqué du vivier doctoral : la relève se forme très majoritairement en SHS alors que la moitié de la communauté relève des sciences médicales.

Champs disciplinaires

La psychologie domine largement, suivie du droit et de l'éthique. La discipline juridique enregistre la dynamique la plus soutenue, comptabilisant 18 thèses en cours et 8 soutenues. L'actualité du débat législatif relatif à la fin de vie semble avoir impulsé un net accroissement des recherches doctorales dans ce domaine.

Autres (1 chacune) : archéologie, biologie, démographie, épistémologie, hématologie, histoire, mathématiques, médecine générale, pharmacologie, réanimation, soins palliatifs pédiatriques, théologie.

Thématiques

Les données ci-dessous concernent à la fois les thèses en cours et les thèses soutenues.

ThématiqueThèses en coursThèses soutenuesCumul
Vécus et perceptions de la fin de vie201939
Deuil221133
Questions d'éthique151328
Droit et législation18927
Désir de mort / Euthanasie / Suicide assisté121022
Pratiques et espaces funéraires / Soins post mortem111122
Représentations sociales et culturelles11819
Accompagnement des patients7714
Accompagnement des proches et aidants5510
Don et prélèvement d'organes639
Parcours de soin279
Processus décisionnels459
Fin de vie en établissement hospitalier / médico-social358
Politiques de santé448
Anticipation / Directives anticipées347
Autonomie des personnes en fin de vie617
Organisation des soins167
Philosophie de la mort426
Souffrance psychique et existentielle336
Collaborations interprofessionnelles235
Communication145
Évaluation et prise en charge des symptômes235
Limitation et arrêt des traitements235
Évaluation des pratiques professionnelles / dispositifs / outils314
Fin de vie à domicile134
Soins palliatifs précoces044
Prise en charge de la douleur213
Sédation123
Accompagnement des soignants202
Formation des professionnels / Pédagogie202
Marqueurs prédictifs de la mort / Facteurs pronostiques202

Autres (1 chacune) : analyse du débat public, éducation thérapeutique, mécanismes neurobiologiques de la mort, médicaments / thérapeutiques, questions économiques, spiritualité et religion, vieillissement.

Les projets européens

On recence 32 projets européens sur la thématique de la fin de vie. Horizon Europe finance désormais plus de 40% des projets, avec une vague nette de démarrages en 2024. La thématique de la fin de vie est donc solidement installée dans les grands programmes européens, y compris sur des objets d'innovation (intelligence artificielle, psilocybine, réhabilitation précoce).

La progression par rapport à 2025 tient au seul programme Erasmus+ (4 projets contre 1 dans le recensement précédent) ce qui reflète une dynamique réelle : la formation des professionnels apparaît comme un axe européen structuré.

L'an prochain ce répertoire sera enrichi des résultats des des appels à projets en cours HORIZON-MISS--2026-02-CaNCER-04 Earlier and more precise palliative care et HORIZON-MISS-2026-02-CANCER-07 Improve the Quality of Life of older cancer patients. 

Participation de la France

La France coordonne un seul projet (INSPIRE) sur les 32 recensés. 

Quatre projets Horizon Europe associent des équipes françaises : PsyPal (2 partenaires), SRENITY (3 partenaires), RELEVIUM (1 partenaire) et INSPIRE (1 partenaire). 

Les Hospices civils de Lyon sont partenaires du projet Erasmsus+ SPES4 Caregivers (2025-2027), coordonné par l'Italie.

Le contraste avec le poids de la communauté nationale est frappant (464 chercheurs et 102 projets), la France est bien présente dans la recherche européenne sur la fin de vie, mais presque exclusivement comme partenaire et non comme coordinatrice. Les pays qui coordonnent (Pays-Bas, Espagne, Belgique) sont précisément ceux qui disposent de centres de recherche dédiés et pérennes.

Pour en savoir plus, voir la page dédiée aux projets européens sur notre site Internet

Données arrêtées au 21/07/2026
Extraction et traitement des données : Sophie Aupet

Figure europe